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Réduction des risques liés à l'usage de drogues — document imprimé le
Chemsex : réduire les risques
Mis à jour le
🎯 De quoi on parle
Le chemsex, c’est l’usage de produits psychoactifs avant ou pendant un rapport sexuel, pour le désinhiber, le prolonger ou l’intensifier. Pratiqué notamment (mais pas seulement) entre hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, souvent lors de sessions à plusieurs partenaires pouvant durer plusieurs heures, voire plusieurs jours. Quand les produits sont injectés dans ce contexte, on parle de slam.
Ce n’est pas un jugement sur la pratique elle-même : c’est le cumul — produits + sexe + parfois plusieurs jours sans sommeil + plusieurs partenaires — qui multiplie des risques que chaque élément pris seul n’aurait pas.
💊 Produits les plus concernés
- GHB / GBL — le plus impliqué dans les overdoses et pertes de connaissance (“G-hole”) du fait de sa marge de sécurité très étroite entre dose recherchée et dose dangereuse.
- Méphédrone et 3-MMC — cathinones de synthèse à fort craving, associées à des sessions de consommation qui s’enchaînent sur plusieurs heures.
- Méthamphétamine — favorise des sessions très prolongées sans sommeil.
- Kétamine, parfois associée aux produits ci-dessus, avec un risque de perte de repères accru en contexte sexuel.
⚠️ Risques spécifiques à ce contexte
- Overdose de GHB/GBL : la marge entre l’effet recherché et la perte de connaissance est très courte, et se resserre encore avec l’alcool ou d’autres dépresseurs. Une personne inconsciente après du GHB est une urgence vitale.
- Injection (slam) : c’est la voie la plus à risque, à la fois sur le plan infectieux (VIH, hépatite C, abcès en cas de partage de matériel) et sur le plan de la surdose, avec des injections parfois répétées toutes les 30 minutes sur plusieurs heures.
- IST et VIH : la désinhibition et l’altération du jugement sous produit réduisent l’usage du préservatif et le nombre de partenaires n’est pas toujours maîtrisé ; le dépistage régulier et la PrEP (traitement préventif du VIH) sont des outils de réduction des risques à part entière dans ce contexte.
- Incapacité à consentir ou à réagir : lors d’une perte de conscience (G-hole, k-hole), la personne est totalement vulnérable — y compris face à d’éventuelles violences sexuelles.
- Épuisement et déshydratation sur des sessions de plusieurs jours sans sommeil ni alimentation correcte.
- Enchaînement des prises : l’euphorie retombe vite, la tentation de “relancer” la session est forte et favorise la surconsommation — un mécanisme proche de celui décrit dans notre guide Le sevrage dangereux pour l’après.
🛡️ Réduire les risques
- Ne jamais consommer du GHB/GBL “au bouchon” : mesurer la dose avec une seringue orale graduée, et toujours attendre l’effet d’une prise avant d’en reprendre une autre.
- Si injection il y a, ne jamais partager seringue, cuillère, filtre ou eau de rinçage, même entre deux prises du même produit par la même personne : voir notre guide Le matériel de réduction des risques.
- Convenir avant la session d’un mot ou d’un geste de consentement, et d’un moyen de vérifier régulièrement que chaque personne va bien.
- Avoir sur soi des préservatifs et, si possible, être sous PrEP ou faire un dépistage IST/VIH régulier en CeGIDD (gratuit et anonyme) — voir Trouver une structure d’aide.
- Se fixer à l’avance une limite de durée et de quantité, et prévoir de quoi manger, boire de l’eau et dormir après la session.
- Éviter les mélanges avec l’alcool ou d’autres dépresseurs, qui augmentent fortement le risque d’overdose de GHB — voir notre guide Les associations dangereuses.
- Garder un téléphone chargé et accessible ; si une consommation seul·e n’est vraiment pas évitable, voir notre guide Consommer seul·e.
🤝 Où en parler, se faire aider
- Sida Info Service — 0 800 23 13 13, anonyme et gratuit, 7j/7 de 8h à 2h : infos sur les produits, les risques, orientation vers des professionnel·les.
- Ligne chemsex de AIDES — WhatsApp ou Signal au 07 62 93 22 29, réponse sous 24h du lundi au vendredi.
- CeGIDD, CAARUD et CSAPA près de chez soi : voir Trouver une structure d’aide.
Vouloir ralentir, faire une pause ou arrêter le chemsex n’a rien d’un échec — ces lignes existent justement pour en parler sans jugement, à n’importe quel stade.
Sources
🛡️ Autres guides
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