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Réduction des risques liés à l'usage de drogues — document imprimé le
Reconnaître un syndrome sérotoninergique
Mis à jour le
🎯 Qu’est-ce que le syndrome sérotoninergique
Le syndrome sérotoninergique est une réaction qui survient quand le taux de sérotonine dans le cerveau devient trop élevé, le plus souvent parce que plusieurs substances qui augmentent la sérotonine se combinent — chacune prise seule aurait été sans danger, mais l’addition dépasse ce que l’organisme peut réguler. Il peut apparaître en quelques minutes à quelques heures après la prise, et s’aggraver rapidement. Dans sa forme sévère, c’est une urgence médicale qui peut engager le pronostic vital.
Ce n’est pas propre à une seule famille de produits : ça peut concerner un psychédélique, un antidépresseur, un antidouleur, ou une combinaison des trois — souvent sans que la personne sache que les substances qu’elle a prises sont concernées.
🚩 Les signes à reconnaître
Les médecins urgentistes décrivent classiquement trois catégories de signes, qui n’apparaissent pas forcément toutes ensemble :
- Confusion et agitation : anxiété inhabituelle, agitation, confusion, dans les cas sévères délire ou perte de repères.
- Signes neuromusculaires : tremblements, secousses musculaires incontrôlées, raideur musculaire, réflexes anormalement vifs — parfois plus marqués dans les jambes que dans les bras.
- Signes de dérèglement du système nerveux autonome : fièvre (parfois très élevée), accélération du rythme cardiaque, hypertension, sueurs abondantes, diarrhée.
Un signe isolé et léger n’est pas forcément inquiétant. Mais l’association de plusieurs de ces signes, en particulier après avoir pris ou mélangé des substances sérotoninergiques, doit faire réagir vite : les symptômes peuvent s’aggraver en quelques heures.
⚠️ Quelles substances augmentent ce risque
Le risque grandit surtout quand plusieurs substances sérotoninergiques se combinent. Parmi celles concernées :
- Les antidépresseurs (ISRS, IRSNa, IMAO) — le facteur le plus souvent en cause, y compris entre deux médicaments prescrits sans lien apparent avec des drogues récréatives.
- Le MDMA, qui provoque lui-même une forte libération de sérotonine.
- Certaines tryptamines de synthèse, dont le 4-HO-MET et le 4-PrO-MET : l’ANSM cite explicitement ce risque pour justifier leur classement comme stupéfiants.
- Le DXM (dextrométhorphane), présent dans de nombreux sirops contre la toux, en particulier à dose détournée.
- Le tramadol, qui agit à la fois comme opioïde et comme inhibiteur de la recapture de la sérotonine — un mécanisme souvent méconnu de ce médicament pourtant très prescrit.
- L’ayahuasca et le DMT, du fait des alcaloïdes IMAO qu’elle contient : associer l’ayahuasca à une autre substance sérotoninergique (y compris un antidépresseur pris plusieurs jours auparavant) est l’une des combinaisons les plus à risque.
- D’autres stimulants et cathinones de synthèse, à des degrés variables selon leur mécanisme d’action exact.
Voir aussi notre guide Les associations dangereuses pour les autres combinaisons à risque.
🚨 Que faire face à ces signes
- En cas de fièvre élevée, de raideur musculaire marquée, de confusion sévère ou de tremblements incontrôlés après une prise : appelle le 15 sans attendre, en précisant si possible les substances prises (y compris les médicaments), leur heure de prise, et si un mélange a eu lieu.
- Ne minimise pas des signes qui semblent légers au début : le syndrome sérotoninergique peut s’aggraver rapidement en l’absence de prise en charge.
- En attendant les secours, reste avec la personne, essaie de la garder au calme et au frais si elle présente de la fièvre, et ne lui donne rien à boire ou à prendre sans avis médical.
- Si tu es sous traitement antidépresseur, préviens les secours de ce traitement : c’est une information essentielle pour le diagnostic.
🛡️ Réduire le risque
- Si tu prends un traitement antidépresseur (ISRS, IRSNa, IMAO), pars du principe que toute substance psychoactive supplémentaire peut interagir avec lui — demande conseil à un médecin ou un pharmacien plutôt que de deviner.
- Ne jamais associer plusieurs substances sérotoninergiques entre elles, y compris deux produits qui te semblent sans rapport (un psychédélique et un antidouleur, par exemple).
- Se renseigner sur le mécanisme d’action d’un produit avant de le prendre, en particulier pour les nouvelles substances de synthèse dont les risques sont parfois mal documentés au moment où elles circulent.
- Espacer largement les prises plutôt que les rapprocher, en particulier pour les substances qui, comme le MDMA, épuisent les réserves de sérotonine du cerveau.
Sources
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